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Centre de presse d’El Moudjahid, Le médecin biologiste virologue, Mekki Yahia, à propos du virus Zika : « La vigilance doit être de mise »

L’Algérie est-elle à l’abri du virus Zika ? Et comment se prémunir contre ce virus dont le vecteur n’est autre qu’une espèce de moustique qui existe dans notre pays ?

L’Algérie est-elle à l’abri du virus Zika ? Et comment se prémunir contre ce virus dont le vecteur n’est autre qu’une espèce de moustique qui existe dans notre pays ? Les éléments de réponse à ces questionnements et à d’autres ont été apportés, hier, au Forum d’El Moudjahid, par le docteur Mostefa Khiati, et le médecin biologiste virologue Mekki Yahia, chef de service   sérologie au CHU de Lyon.
À l’initiative de la Forem et de l’association Amitié populaire franco-algérienne, le Forum d’El Moudjahid, a constitué, hier, un espace de débat sur un sujet qui fait l’actualité internationale, en l’occurrence la pandémie Zika.  Faut-il s’inquiéter d’un virus qui suscite l’émoi en Amérique du Sud, et spécialement au Brésil ? Pour le professeur Khiati,  même s’il n’y a aucun cas en Algérie, «il ne faut jamais sous-estimer un risque, d’autant plus qu’aujourd’hui nous vivons dans un petit village». Le président de la Forem,  qui connaît les  conséquences d’une pandémie, ne se veut pas paraître alarmiste ou provoquer la panique. D’ailleurs, parmi les rôles de la Forem, l’information et la sensibilisation à partir de données scientifiques. C’est pourquoi, pour lui, il s’agit plus d’un défi sanitaire, car qui «dit danger médical, dit danger sécuritaire». Pour cela, dit-il, il faut une réponse adéquate préparée à l’avance pour faire face à toute éventualité.  Comment ? Le professeur Khiati plaide pour la mise en place d’une cellule réactive installée au niveau du Premier ministère. Cette structure aura pour mission de parer à tout risque potentiel. Et parce que les mesures préventives (lutte contre les moustiques, les eaux stagnantes… ), susceptibles de faire barrage à la propagation de ce virus, ne relèvent pas seulement du ministère de la Santé ; il faut un travail intersectoriel impliquant d’autres secteurs, notamment les collectivités locales. Cela dit, il faut un organe de vigilance ou de veille sanitaire, qui fait office de radar en mesure de détecter tout danger potentiel. Le forum d’hier, consacré au virus Zika,  le virus émergeant, comme le tient à le qualifier le docteur Mekki Yahia, qui est aussi vice-président de l’association Amitié populaire franco-algérienne, a été une occasion pour revenir sur la genèse. En octobre 2015, les autorités sanitaires brésiliennes ont rapporté à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qu’un nombre inquiétant de bébés brésiliens étaient atteints de microcéphalie, une malformation congénitale rare et débilitante, dont les séquelles sont irrémédiables. Moins de quatre mois plus tard, l’OMS a décrété, lundi 1er février, qu’il s’agissait d’une «urgence mondiale de santé publique».  C’est la quatrième alerte rouge décrétée par l’OMS, dont la dernière en date concernait Ebola. Un avertissement, qui doit être, selon le spécialiste, pris au sérieux. En tant que médecin biologiste virologue, il a tenu à mettre en évidence l’importance de l’organisation de conférence à l’adresse des journalistes, pour expliquer les tenants et les aboutissants de la pandémie Zika, et le rôle des médias dans la sensibilisation et l’information  des citoyens. À cette occasion, il a indiqué que notre pays est le deuxième à organiser une  rencontre du genre. Son exposé a permis aux journalistes de déduire que l’inquiétude mondiale est justifiée. L’expert, qui travaille auprès de l’OMS,  a axé son intervention sur les moyens de prévention et la lutte contre les vecteurs de ce virus, qui relèvent de l’hygiène publique. Dans ce genre de virus, la prévention doit être de mise, surtout qu’il n’existe pas de traitement connu. Quant au vaccin, il faudrait, selon le docteur, 4 ans pour le concevoir, rappelant que le vaccin anti- dengue, un virus de la même famille que le Zika, a nécessité 10 années de recherche et d’expérimentation. Il y a lieu de noter qu’ à chaque fois qu’il y a une épidémie, certains parlent de malédiction divine, d’autres de bénédiction divine, pour les laboratoires. Pour le docteur Mekki Yahia, en tant qu’un homme de science, il ne faut s’inscrire dans aucune des deux. Il faut rester vigilants, face à toute menace, et chercher les meilleurs moyens de s’en prévenir et d’y faire face au cas où. C’est ce message fort qui doit être retenu d’un virus, dont le vecteur (moustique) et les modes de transmission (rapport sexuel et transfusion sanguine) sont connus.
La vigilance doit être de mise, surtout que nous sommes à la veille du printemps, saison propice à l’apparition des moustiques. Sollicité pour commenter ce qui a été rapporté par la presse française, qui a fait état des suspicions des médecins argentins et brésiliens qui semblent écarter le virus Zika dans l’apparition de graves malformations crâniennes chez les nouveaux-nés au Brésil — en cause, l’utilisation d’un insecticide censé protéger de la dengue —, le professeur Khiati a expliqué qu’il faut toujours se référer aux publications de l’OMS.

Voir El Moudjahid du 15/02/2016

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